Mozambique : l'avortement dépénalisé

La nouvelle loi sur l'avortement a été promulguée par le président mozambicain Armando Gueubuza.

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Il sera bientôt légal d'avorter au Mozambique, sous certaines conditions.

Cette dépénalisation a été rendue possible par une réforme du Code pénal mozambicain, promulguée vendredi par le président Armando Gueubuza.

Six mois après un vote favorable au Parlement, le pays rejoint le club très restreint des Etats qui, sur le continent africain, autorisent les femmes à mettre fin à des grossesses non désirées.

Cette modification de la loi sur l'avortement ne deviendra cependant effective que dans six mois.

Sous conditions

Dans les faits, les avortements sont rendus possibles mais ils seront encadrés.

Par exemple, une poignée de centres de santé pourront les réaliser et seuls des médecins qualifiés seront habilités à pratiquer l'acte médical.

Les avortements nécessiteront également le consentement écrit de la mère et de deux médecins.

Ils devront être réalisés dans les 12 semaines de grossesse.

La nouvelle loi accorde en revanche 16 semaines aux femmes qui ont été victimes d'un viol.

La procédure reste également autorisée en cas de risque pour la vie de la mère ou d'une anormalité du fétus, ce qui était déjà possible avant le changement législatif.

Des Portugais aux ONG

Le Code pénal mozambicain sur l'avortement date du XIXe siècle et a été hérité des Portugais.

Cette réforme intervient après une décennie d'intense lobbying d'ONG internationales.

Ces dernières ont salué la promulgation de la loi, rappelant que les avortements clandestins constituent l'une des principales causes de décès chez les femmes enceintes.

Parmi ces voix pro-avortement, Ivone Zilhao, une sexologue qui milite depuis plusieurs années en faveur de l'avortement légal et sécurisé au Mozambique.

« C'est une victoire », a-t-elle confié à la BBC, parlant d'un "'accès au droit d'avoir un contrôle sur son corps pour les femmes".

14 pays africains au total interdisent l'avortement et de nombreux autres Etats du continent ne l'acceptent que dans des situations exceptionnelles, comme lorsque la vie de la mère est en danger.

La Zambie est le seul pays à l'autoriser pour des motifs économiques.