Coronavirus et écoles : Comment l'apprentissage en plein air a été imaginé comme une réponse à une épidémie il y a 100 ans

Avec lq propagation de la pandémie du coronavirus l'idée de dispenser les cours en plein air est bien accueillie par certains éducateurs

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Les salles de classe en plein air se sont multipliées dans le monde au XXe siècle pour prévenir la propagation de la tuberculose mortelle.

Pensez-vous que cette piste est actuelle ?

Certaines voix souhaitent vivement que l'idée soit adaptée à la pandémie de la Covid-19, une maladie potentiellement mortelle, pour laquelle aucun vaccin n'a été développé.

Le monde était confronté à un dilemme similaire il y a cent ans, avec la tuberculose qui était la maladie dévastatrice de l'époque.

Au début du XXe siècle, la tuberculose tuait une personne sur sept en Europe et aux États-Unis, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains. un vaccin ne sera mis au point qu'en 1921 et il faudra des années avant qu'il ne soit disponible dans le monde entier.

Et c'est dans ce contexte que les écoles en plein air sont apparues comme une solution pour permettre aux enfants de reprendre leurs études.

Des bureaux et des chaises portables étaient transportés dans des jardins, où les enseignants et les élèves apprenaient les sciences, la géographie ou l'art en observant la nature.

L'idée est née en Allemagne et en Belgique en 1904, et elle est rapidement devenue un mouvement. La Ligue pour l'éducation en plein air a tenu son premier congrès international à Paris en 1922.

Aux États-Unis, les écoles en plein air ont vu le jour en 1907, après que deux médecins de l'État du Rhode Island eurent suggéré d'utiliser les espaces vides des villes pour créer des écoles, selon le New York Times.

Au cours des deux années suivantes, 65 écoles ont été ouvertes, occupant des couloirs vides, des toits d'immeubles élevés et même des bateaux abandonnés.

L'apprentissage en plein air a été encouragé comme moyen de ramener les élèves à l'école en toute sécurité par ces temps de Covid-19. Une classe au Cachemire sous administration indienne
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Contrairement au Covid-19, la tuberculose est une maladie aéroportée. Elle infecte les individus qui inhalent des bactéries qui peuvent rester en suspension dans l'air pendant plusieurs heures, selon le CDC.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie se transmet principalement par de grosses gouttelettes provenant de patients infectés, soit par contact direct, soit par contact de surface - bien que l'organisation ait récemment reconnu qu'il existe de nouvelles preuves que le coronavirus pourrait également être propagé par de minuscules particules en suspension dans l'air.

"Avec l'anémie et la malnutrition, la tuberculose était une grande préoccupation parmi les maladies infantiles", déclare André Dalben, professeur assistant à l'Université fédérale de Sao Paulo (Unifesp).Donc en sortant les enfants de leur environnement malsain - comme les immeubles surpeuplés - et en les mettant en contact avec la nature, les écoles se sont données pour mission non seulement de répondre aux besoins d'apprentissage des enfants, mais aussi de renforcer leur système immunitaire.

Quelques pays où les cours sont dispensés en pleine natureDiana Vidal, professeur d'histoire de l'éducation à l'université de Sao Paulo (USP), souligne que les écoles en plein air ont prospéré dans la période de l'entre-deux-guerres, lorsque de nouvelles idées sur la société et l'éducation ont été développées.

Des archives de plusieurs écoles en plein air ont été trouvées au Brésil, de 1916 jusqu'aux années 1920 et 1930.Les écoles en plein air sont déjà une solution dans le Cachemire sous administration indienne, où les enfants prennent des cours avec l'Himalaya enneigé en toile de fond.

Depuis des années, Singapour défend l'apprentissage en plein air, comme moyen de renforcer ses jeunes citoyens, tant physiquement que mentalement.En Finlande et au Danemark, ce sont les écoles forestières qui sont prisées.

Au Danemark, de nombreuses écoles et de nombreux enseignants pratiquent régulièrement une sorte d'apprentissage en plein air. Une image d'avril 2020

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Les écoles forestières sont très populaires en Finlande, où les forêts et la nature sont au cœur de la culture nationale.

Au Danemark, il existe même un nom pour une journée scolaire en plein air - udeskole - et de nombreuses écoles et enseignants l'adoptent régulièrement.

Le pays lance un appel à propositions sur la manière d'encourager davantage cette pratique dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

Selon le professeur Vidal, l'apprentissage en plein air ne met pas seulement les élèves en contact avec la nature, il favorise leur engagement, leur activité physique et leur développement émotionnel.

Il transforme également les enseignants en facilitateurs, plutôt qu'en fournisseurs automatiques de contenu.

"Le plein air n'est pas forcément réservé aux voyages scolaires. Nous serons obligés d'utiliser le plein air, ce qui est bien mieux que les espaces clos. C'est une invitation à réfléchir aux espaces dont nous disposons", dit-elle.