Ces 10 sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco en Afrique de l'Ouest

Vue aérienne de l'île de Gorée, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, au coucher du soleil.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Vue aérienne de l'île de Gorée, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, au coucher du soleil.
    • Author, Mamadou Faye
    • Role, BBC News Afrique
  • Published
  • Temps de lecture: 9 min

L'Afrique de l'Ouest compte une quinzaine de sites reconnus par l'UNESCO pour leur valeur culturelle ou naturelle exceptionnelle. Ce sont des forteresses coloniales, des cités caravanières sahariennes, des royaumes précoloniaux, des forêts sacrées ou des réserves naturelles.

Voici 10 de ces sites incontournables, pays par pays, la raison de leur reconnaissance mondiale et leur importance.

1. Île de Gorée (Sénégal)

La maison des esclaves sur l'île de Gorée, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, au large de Dakar, qui a été le théâtre de la déportation de millions d'Africains lors de la traite atlantique des esclaves entre le XVe et le XIXe siècle.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, La maison des esclaves sur l'île de Gorée, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, au large de Dakar, a été le théâtre de la déportation de millions d'Africains lors de la traite atlantique des esclaves entre le XVe et le XIXe siècle.

Inscrite en 1978, l'île de Gorée figure parmi les tout premiers sites africains inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle a été rejointe quelques années plus tard par la vieille ville de Saint-Louis du Sénégal. L'UNESCO a retenu Gorée pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves entre le XVe et le XIXe siècle, dont témoigne notamment la célèbre Maison des Esclaves.

Située à une vingtaine de minutes en bateau du port de Dakar, l'île de Gorée est l'un des sites les plus visités d'Afrique de l'Ouest. Avec ses ruelles colorées, ses bâtiments coloniaux, ses musées historiques et son atmosphère paisible, elle constitue une étape incontournable pour les visiteurs de Dakar, la capitale sénégalaise.

2. Tombouctou (Mali)

Un homme se dirige vers le toit de la mosquée Djinguereber à Tombouctou le 31 mars 2021.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Un homme se dirige vers le toit de la mosquée Djinguereber à Tombouctou le 31 mars 2021.

Tombouctou a été inscrite en 1988 sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO pour son rôle de capitale intellectuelle et religieuse de l'islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles, incarné par ses trois grandes mosquées en terre (Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia) ainsi que par ses bibliothèques de manuscrits anciens.

Réputée pour son mystère et son isolement, Tombouctou a longtemps été une destination phare du tourisme saharien.

Depuis la crise sécuritaire qui frappe le nord du Mali à partir de 2012, le site est classé « patrimoine mondial en péril » et les visites y sont fortement déconseillées. Néanmoins, la ville reste un symbole culturel majeur, dont la restauration progressive, notamment celle des mausolées reconstruits, fait l'objet d'un suivi international.

3. Forts et châteaux de Volta, d'Accra et des régions centrale et ouest (Ghana)

Une rangée de canons rouillés pointe vers l'océan Atlantique. Le château de Cape Coast est l'un des quelque quarante "châteaux négriers" utilisés pour la traite transatlantique des esclaves durant la période coloniale sur la Côte de l'Or en Afrique de l'Ouest (actuel Ghana).

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Une rangée de canons rouillés pointant vers l'océan Atlantique au château de Cape Coast au Ghana.

Cet ensemble de forteresses (dont les célèbres châteaux de Cape Coast et d'Elmina) a été inscrit en 1979 comme témoignage exceptionnel des relations commerciales, y compris le commerce des esclaves, entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques du XVe au XVIIIe siècle.

Très fréquentées par les touristes internationaux et par la diaspora afrodescendante dans une démarche de mémoire, ces forteresses sont l'une des attractions historiques majeures d'Afrique de l'Ouest. Les forts sont facilement accessibles depuis Accra ou Cape Coast, avec des visites guidées bien organisées.

4. Palais royaux d'Abomey (Bénin)

Une photo prise le 1er mai 2019 à Abomey-Calavi montre une vue du musée historique d'Abomey, un site de 47 hectares composé d'un ensemble de palais royaux, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis décembre 1985.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Vue du musée historique d'Abomey, un site de 47 hectares composé d'un ensemble de palais royaux, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis décembre 1985.

C'est en 1985 que les palais royaux d'Abomey ont été inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le site rassemble les vestiges des douze palais qui composaient la capitale du royaume du Dahomey, l'une des puissances précoloniales les plus structurées d'Afrique de l'Ouest, connue pour son organisation politique et militaire (dont les célèbres Amazones).

Située à environ deux heures de route de Cotonou, Abomey constitue l'une des principales étapes culturelles du Bénin. Le musée historique installé sur le site présente des bas-reliefs, des trônes royaux et des objets rituels, malgré des dégâts liés à un incendie en 1892 qui ont détruit une partie des palais d'origine.

5. Parc national de Taï (Côte d'Ivoire)

Un singe est perché dans un arbre le 19 mars 2008 dans le parc national de Taï, à 400 km à l'ouest d'Abidjan, où une campagne est menée pour sauver les primates et les chimpanzés, menacés d'extinction. Le parc est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette campagne est organisée par la Fondation pour les chimpanzés sauvages (WCF).

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Un singe perché dans un arbre le 19 mars 2008 dans le parc national de Taï, à 400 km à l'ouest d'Abidjan, où une campagne est menée pour sauver les primates et les chimpanzés, menacés d'extinction. Le parc est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le parc a été inscrit en 1982 au titre du patrimoine naturel pour abriter l'un des derniers vestiges de forêt tropicale primaire d'Afrique de l'Ouest, avec une biodiversité exceptionnelle avec des chimpanzés utilisateurs d'outils, des hippopotames pygmées et de nombreuses espèces endémiques.

Le parc, qui est davantage tourné vers l'écotourisme et la recherche scientifique que vers le tourisme de masse, reste peu fréquenté en comparaison des grands parcs d'Afrique de l'Est. Son accès demande une organisation spécifique (guides, autorisations), mais séduit les voyageurs en quête de nature préservée.

6. Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (Niger)

Oasis de Timia, désert du Ténéré, réserves naturelles d'Air et de Ténéré (Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, 1991), Niger.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Oasis de Timia, désert du Ténéré, réserves naturelles d'Air et de Ténéré (Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, 1991), Niger.

Plus vaste aire protégée d'Afrique avec 7,7 millions d'hectares, le site associe le massif montagneux de l'Aïr, îlot de végétation sahélienne, et les étendues du désert du Ténéré. Il a été reconnu et inscrit au patrimoine en 1991 pour ses paysages sahariens exceptionnels et ses espèces menacées comme l'addax.

Classées site en péril depuis 1992, la possibilité de visite de ces réserves est souvent limitée par l'instabilité régionale (Sahel, zones frontalières avec la Libye). Les activités touristiques, quand elles existent, restent très encadrées et réservées à des circuits organisés avec des guides expérimentés.

7. Ruines de Loropéni (Burkina Faso)

Les remparts de Loropeni, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO au Burkina Faso, sont des ruines dont l'âge a été récemment démontré comme étant d'au moins 1 000 ans.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Les remparts de Loropeni, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO au Burkina Faso, sont des ruines dont l'âge a été récemment démontré comme étant d'au moins 1 000 ans.

Premier site inscrit uniquement en 2009 au nom du Burkina Faso, Loropéni est une enceinte fortifiée en pierre liée à l'ancien commerce de l'or transsaharien, datée entre le XIe et le XIXe siècle.

Situé dans le sud-ouest du pays près de la frontière ghanéenne, le site reste discret et peu fréquenté par rapport aux grands sites ouest-africains, en raison de la situation sécuritaire.

8. Anciens ksour de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata (Mauritanie)

Ruines de la forteresse de Ouadane au Sahara en Mauritanie.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Ruines de la forteresse de Ouadane au Sahara en Mauritanie.

Ces quatre cités-étapes du commerce caravanier transsaharien ont été inscrites en 1996 pour leur architecture de pierre sèche typique et leur rôle historique de centres religieux et culturels de l'islam, notamment Chinguetti, longtemps considérée comme une ville sainte abritant d'anciennes bibliothèques de manuscrits.

Ces cités sahariennes attirent un tourisme de niche, amateur de désert et de patrimoine islamique ancien, via des circuits organisés au départ de Atar ou Nouakchott. L'éloignement et l'ensablement progressif des sites en font une destination pour voyageurs expérimentés plutôt qu'un tourisme de masse.

9. Forêt sacrée d'Osun-Oshogbo (Nigéria)

Osogbo, État d'Osun, Nigéria : arche à l'entrée de la cour du temple d'Osogbo - Bosquet sacré d'Osun-Osogbo, demeure de la déesse de la fertilité Osun - Site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Osogbo, État d'Osun, Nigéria : arche à l'entrée de la cour du temple d'Osogbo - Bosquet sacré d'Osun-Osogbo, demeure de la déesse de la fertilité Osun - Site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Dernière grande forêt sacrée subsistant parmi celles qui entouraient autrefois chaque ville yoruba, le site est dédié à Osun, déesse de la fertilité. D'une superficie de 75 hectares, elle a été reconnue en 2005 pour ses sanctuaires, ses sculptures et ses œuvres d'art contemporaines intégrées au paysage forestier.

Située à environ deux heures de route de Lagos, la forêt vit surtout au rythme du festival annuel Osun-Osogbo, qui attire chaque année des dizaines de milliers de pèlerins et de touristes venus assister aux cérémonies traditionnelles.

10. Île Kunta Kinteh et sites associés (Gambie)

Elle se trouve à moins de trois kilomètres d'Albreda, sur la rive nord du fleuve. Site historique majeur de la traite négrière en Afrique de l'Ouest, elle est aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, au même titre qu'Albreda, Juffureh et le fort Bullen.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Le fort James et les baobabs de l'île de Kunta Kinteh (anciennement île James). Située à environ 30 km de l'embouchure du fleuve Gambie, l'île a été rebaptisée Kunta Kinteh en 2011.

Le site (anciennement appelé île James) a été inscrit en 2003 pour son témoignage sur les débuts du commerce européen en Afrique de l'Ouest et sur la traite négrière atlantique. Il doit sa notoriété internationale au roman et à la série Roots, qui en ont fait un lieu de pèlerinage pour la diaspora afrodescendante.

Située sur le fleuve Gambie, à 41 km de Banjul, l'île est facilement accessible en excursion depuis les stations balnéaires du littoral gambien.

Site historique majeur de la traite négrière en Afrique de l'Ouest, il est aujourd'hui inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, au même titre qu'Albreda, Juffureh et le fort Bullen, et constitue l'une des étapes culturelles les plus intégrées aux circuits touristiques classiques du pays.

Ignorer Promotion WhatsApp et continuer la lecture
BBC Afrique est sur WhatsApp

Des informations vérifiées à portée de main

Cliquez ici et abonnez-vous !

Fin de Promotion WhatsApp

L'Afrique de l'Ouest offre un patrimoine mondial d'une grande diversité, entre la mémoire de l'esclavage (Gorée, les forts du Ghana, Kunta Kinteh), la grandeur des royaumes précoloniaux (Abomey), les carrefours sahariens du savoir islamique (Tombouctou, les ksour mauritaniens) et les trésors naturels (Taï, Aïr-Ténéré). Certains sites restent malheureusement difficiles d'accès en raison du contexte sécuritaire dans le Sahel, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

Il convient de souligner que d'autres pays d'Afrique de l'Ouest abritent également des sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.

On peut citer la Guinée avec la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba, la Guinée-Bissau avec les écosystèmes de l'archipel des Bijagós (inscrits en 2025), le Cap-Vert avec Cidade Velha (centre historique de Ribeira Grande), le Togo avec le Koutammakou (le pays des Batammariba, partagé avec le Bénin) et la Sierra Leone avec le complexe Gola-Tiwai (inscrit en 2025).