Projet "Big Picture" : pourquoi la Premier League anglaise s'apprête à vivre une révolution ?

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- Author, Ben Sutherland
- Role, BBC Sport Africa
- Published
Le voile a été levé sur le plus grand projet qui pourrait amener la plus grande révolution du football anglais depuis la création de la Premier League en 1992 : le "Projet Big Picture".
Bien que les premiers éléments n'aient fuité que dimanche soir, il a déjà suscité la colère et un grand nombre de débats.
De quoi s'agit-il ?
Qu'est-ce que le Projet "Big Picture" ?

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Le plan, élaboré par Liverpool et Manchester United, prévoit que les équipes de la Fédération européenne de football (EFL), c'est-à-dire les ligues inférieures à la Premier League, recevront 250 millions de livres sterling (181 milliards de dollars) à se partager entre elles, plus 25 % des revenus des futurs contrats télévisés que la Premier League aura conclus.
Ces clubs, dirigés par le président de l'EFL, Rick Parry, demandent de l'argent à la Premier League depuis un certain temps, car ils ont des difficultés financières en raison de l'absence de public dans les stades depuis le début de la pandémie de Covid-19.
L'idée est qu'en aidant à financer l'EFL, les clubs de haut niveau soutiendraient la "pyramide du football", qui est au cœur non seulement du football anglais mais aussi, du mode de vie du pays.
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Mais cette aide aurait un prix. En échange, le calendrier du football serait réduit pour ne retenir que les meilleurs clubs de Premier League - le nombre d'équipes de la Premier League serait ramené à 18, et la Coupe de l'EFL (actuellement la Carabao Cup) et le Community Shield seraient supprimés.
Ces changements permettraient de libérer des dates de matchs qui pourraient être remplacées par des matchs de la Fédération européenne de football qui rapportent plus et des matchs amicaux de pré-saison.
Les "six grands" clubs de Premier League - Liverpool, Manchester United, Manchester City, Arsenal, Tottenham et Chelsea - obtiendraient également des droits de vote spéciaux sur certaines questions, tout comme West Ham, Everton et Southampton.
Pourquoi maintenant ?

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Pourquoi maintenant ? Comme pour toute les décisions et réformes de 2020, la réponse est : Covid19.
Un grand nombre de clubs de l'EFL sont confrontés à de grandes difficultés financières, et Rick Parry fait pression pour que ce plan de sauvetage ait lieu depuis un certain temps.
Même avant Covid19, plusieurs équipes - Bury, Macclesfield et l'ancien club de Jay Jay Okocha, Bolton - avaient soit fait faillite, soit été placées sous administration judiciaire ces deux dernières années, et d'ailleurs les discussions autour du "Projet Big Picture" avaient commencé avant la pandémie.
Mais Covid-19 a poussé encore davantage de clubs au bord de la ruine, car ils ne sont pas autorisés à organiser des matchs avec du public - et à accumuler les recettes associées aux entrées, aux ventes de produits dérivés et de rafraîchissements - en vertu des règles gouvernementales visant à limiter la propagation du virus.
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Pendant ce temps, au sommet de la pyramide, les "Big Six" de la Premier League sont beaucoup moins dépendants des recettes provenant des billets, car ils sont principalement financés par des contrats télévisés de plusieurs milliards de dollars conclus avec des sociétés de télévision britanniques et du monde entier - et, dans certains cas, par des propriétaires très riches.
C'est ce qui leur a permis de continuer à faire d'énormes opérations de transfert même en cette période de crise.
Depuis de nombreux mois, on parle d'une sorte de renflouement de l'EFL financé par la Premier League, et de la forme qu'il prendra.
Aujourd'hui, il existe au moins une proposition concrète.
Qui est contre ?

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Qui est contre ? Presque tout le monde.
Il est certain que la Premier League elle-même - par opposition à ses clubs - est très mécontente à cette idée, en disant : "de l'avis de la Premier League, un certain nombre de propositions de ce plan publiées aujourd'hui pourraient avoir un impact préjudiciable sur l'ensemble du football et nous sommes déçus de voir que Rick Parry, président de l'EFL, a apporté son soutien officiel".
Il semble que les clubs qui ne font pas partie des "six grands" n'y trouveront pas intérêt : ils devront contribuer à parts égales au renflouement de l'EFL, mais ils joueront moins de matchs, ce qui aura des répercussions sur leurs finances.
West Ham, l'un de ceux qui auraient au moins le droit de vote dans le cadre de ces propositions, a déjà exprimé son opposition.
"Les "six grands" utilisent la Covid pour prendre le pouvoir. Si cela se produit, avec le temps, ils utiliseront de plus en plus cette réforme pour leurs propres intérêts", a déclaré une source à West Ham à la BBC.
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Le gouvernement britannique a également condamné l'idée, son ministère de la culture, des médias et des sports la décrivant comme un "accord négocié en cachette" qui "créerait un système fermé au sommet du football".
"La durabilité, l'intégrité et la concurrence loyale sont absolument primordiales et tout ce qui pourrait les compromettre est profondément troublant", a-t-il ajouté.
Enfin, l'Association des supporters de football a déclaré qu'elle prenait note "avec une vive inquiétude" des propositions, ajoutant qu'elles avaient "des conséquences de grande portée pour l'ensemble du football national".
"Une fois de plus, il semble que les grandes décisions prises dans le domaine du football sont apparemment discutées dans notre dos par des propriétaires de clubs milliardaires qui continuent à considérer le football comme leur fief personnel", a-t-elle déclaré dans une déclaration.
Pourquoi sauver les petits clubs ?

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La plupart des villes anglaises ont une équipe de football qui joue à un certain niveau, et cela donne à cette ville une identité dans l'ensemble du pays.
Un seul exemple : la ville d'Accrington n'a pas beaucoup de visiteurs, mais la plupart des Britanniques d'un certain âge connaissent leur équipe, Accrington Stanley, grâce à une campagne publicitaire dont elle a été la vedette.
En effet, la façon dont la BBC décide si une ville est suffisamment connue pour pour ne pas avoir à donner de précisions géographiques lorsque ses journalistes en parlent est de savoir si elle possède un club dans la ligue de football.
Et lorsqu'un petit club de football remporte un succès inattendu lors d'une compétition de coupe - lorsque Chesterfield a atteint les demi-finales de la FA Cup en 1997, par exemple - cela permet à une ville de se faire remarquer et a un impact massif sur la fierté civique.
Mais un grand nombre de ces équipes sont au bord du gouffre. Si elles disparaissent, cela n'affectera pas seulement la pyramide du football, mais brisera le cœur de communautés post-industrielles déjà en difficulté.
C'est pourquoi la pression est si forte pour une sorte de renflouement. C'est pourquoi la FEL est si enthousiaste à l'égard de ces propositions.
Et c'est justement la pression dont certains grands clubs pensent pouvoir tirer parti.






















