Revivez les évènements qui ont vu le président zimbabwéen Robert Mugabe remettre sa démission après 37 ans de pouvoir.
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Ndèye Khady LO, Sophie Ribstein and Geneviève Sagno
"Ce n'est pas un coup d'état"
Des soldats au Zimbabwe ont pris le contrôle
de la télévision d'Etat pour annoncer leur intention de saisir les proches du
président Robert Mugabe qui, selon eux, sont à l’origine des problemens
economiques et sociaux du pays.
Les forces armées ont nié qu'il s'agissait
d'un coup d'État, bien que des tirs et des explosions ont été entendus dans la
capitale, Harare.
Le général Sibusiso Moyo, chef d'état-major de
l'armée du Zimbabwe a
déclaré que le président Robert Mugabe et sa famille étaient en sécurité et que
leur sécurité était garantie.
Légende vidéo, "Il ne s'agit pas d'un coup d'État"
Des militaires zimbabwéens contrôlent le trafic à Harare le 15 novembre 2017
L'armée a pris le contrôle du
pays, des chars sont visibles
dans les rues depuis mardi.
Des tirs ont été entendus dans
les banlieues nord où vivent M.
Mugabe et certains.
Crédit photo, Getty Images
Au coeur de Harare, la capitale du Zimbabwe
Dès l’aube, on entendait des tirs dans
certains quartiers de la capitale, Harare. Un calme précaire règne désormais dans
la ville.
En 37 ans, Robert Mugabe a survécu à de nombreux adversaires politiques et plusieurs urgences médicales. Mais tandis que l'économie du Zimbabwe ne cesse de se détériorer, le contexte politique est de plus en plus tendu.
Depuis plusieurs années, Grace Mugabe s'est positionnée pour lui succéder. Depuis cinq ans, on assiste à une réelle montée en puissance. Elle est devenue présidente de la Ligue des femmes de la Zanu-PF et multiplie les alliés.
Cependant, il se peut qu'en se rangeant du côté de sa femme dans la bataille pour lui succéder, il soit allé trop loin et ait perdu le soutien des chefs militaires, qui l'ont maintenu au pouvoir jusqu'à maintenant.
À l'âge de 93 ans, la santé de l'homme de fer s'est visiblement détériorée cette année, même s'il s'est officiellement présenté à sa propre réélection l'année prochaine.
Depuis la prise de pouvoir de l'armée et la mise en détention surveillée du président zimbabwéen, tout risque de se jouer.
Crédit photo, Getty Images
Légende image, Le président Robert Mugabe soutien son épouse Grace lors d'un rallye pour qu'elle soit élue vice-présidente du parti après le limogeage d'Emerson Mnangagwa le 8 novembre 2017.
Boris Jonhson appelle à "s'abstenir de toute violence"
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Fin de X publication
Le ministre britannique des Affaires
étrangères Boris Johnson a appelé mercredi les parties au Zimbabwe à
"s'abstenir de toute violence" afin que le Zimbabwe reste un Etat "stable et
prospère".
"Nous surveillons la situation de très près et notre ambassade fournit du
soutien et des conseils aux ressortissants britanniques au Zimbabwe. Pour le
moment, c'est très mouvant et c'est difficile de dire exactement comment cela
va se passer", a déclaré le ministre dans un communiqué.
"Tout le monde veut un Zimbabwe stable et prospère. Nous appellons chacun à
s'abstenir de toute violence, c'est crucial", a ajouté Boris Johnson.
"Vous aurez vu des images de militaires déployés dans la ville au cours de
la nuit et je peux confirmer que les militaires restent déployés à des endroits
stratégiques ce matin", a déclaré dans le même communiqué l'ambassadeur
britannique à Harare, Simon Thomas.
L'ambassade est fermée mercredi en raison de "la situation incertaine".
Zuma dépêche deux ministres au Zimbabwe
Le président sud-africain Jacob Zuma a
dépêché deux de ses ministres au Zimbabwe.
"Le président envoie la ministre de la Défense et des Anciens combattants,
Nosiviwe Mapisa-Nqakula, et le ministre de la Sécurité d'Etat, Bongani Bongo,
au Zimbabwe pour rencontrer le président Robert Mugabe et l'armée
zimbabwéenne", a indiqué la présidence dans un communiqué.
Crédit photo, Getty Images
Légende image, Le président sud-africain Jacob Zuma a dépêché deux de ses ministres au Zimbabwe.
Grace Mugabe qui était pressentie pour la succession de son mari a quitté son pays
Le seul et unique chef d’état depuis l’indépendance en 1980, c’est avec sa deuxième épouse, Grace, à ses côtés que le président Mugabe a dirigé le pays d'une poigne de fer
Crédit photo, AFP
Légende image, Le président d'imbabwe Robert Mugabe et sa femme Grace lors d'une manifestation de soutien à Harare, le 30 novembre 2007.
Robert Mugabe - chronologie, Découvrez l'homme qui dirige le Zimbabwe avec une main de fer depuis 37 ans, soit l'indépendance du pays en 1980 :
• 1924: Naissance
• Formation d’enseignant
• A travaillé au Ghana où il a rencontré sa première femme, Sally Hafron
• 1964: Emprisonné par le gouvernement rhodésien
• 1980: Remporte les élections postindépendance
• 1996: Mariage à Grace Marufu, sa deuzième femme
• 2000: Perd le référendum sur les terres agricoles appartenant à des
blancs
• 2008: Arrive en deuxième position au premier tour des élections contre
Morgan Tsvangirai, le chef de l'opposition qui se retire du second tour au
milieu des attaques contre ses partisans
• 2009: Tsvangirai devient Premier ministre
• 2016: Pénurie de liquidités
• 2017: Le Vice-président Emmerson Mnangagwa est limogé
Jacob Zuma confirme le confinement de Robert Mugabe
Dans une allocution télévisée, le président
sud-africain Jacob Zuma a déclaré avoir parlé à M. Mugabe qui lui a dit qu'il
allait bien mais qu'il était confiné chez lui en résidence surveillée. Il a
appelé à la résolution pacifique de la situation tout en précisant qu’il était
en contact avec l’armée.
Crédit photo, Getty Images
Légende image, Le président sud-africain Jacob Zuma
"Mnangagwa est derrière les militaires", selon un député de l'opposition
Crédit photo, AFP
Légende image, Mnangagwa a été le président des opérations conjointes du commandement militaire, une structure qui existe depuis l'indépendance du Zimbabwe.
Eddie Cross, un député du principal parti d'opposition , a déclaré à la BBC qu'il pense que l'ancien vice-président Emmerson Mnangagwa est derrière les évènements.
Selon lui, le vice-président limogé la semaine passé est forcément le commanditaire des actions entreprises par les militaires.
Mnangagwa a été le président des opérations conjointe du commandement militaire, une structure qui existe depuis l'indépendance du Zimbabwe.
"Des évenements comme cela ne peuvent se passer sans son aval. Vous allez vite entendre que Mugabe se retire de la vie politique et qu'il le choisit comme successeur",a-t-il indiqué
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Zuma appelle au calme
Le président sud-africain Jacob Zuma a réagi et a appelé
au calme au Zimbabwe voisin.
Jacob Zuma exhorte le gouvernement de la République du Zimbabwe et les
forces armées "à résoudre à l’amiable l'impasse politique et à
veiller à ce que la paix et de la sécurité soient maintenues dans le pays.
La communauté de développement d’Afrique australe, la SADC, continuera à
suivre de près la situation et est prête à apporter son aide si nécessaire pour
résoudre l'impasse politique en accord avec les protocoles et processus établis
de la SADC" », indique un communiqué de la présidence sud-africaine.
Crédit photo, AFP
Légende image, Jacob Zuma exhorte le gouvernement de la République du Zimbabwe et les forces armées "à résoudre à l’amiable l'impasse politique
Les Britanniques appelés à rester chez eux
Le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni a appelé les citoyens
britanniques résidant à Harare, la capitale du Zimbabwe, de rester en sécurité
chez eux vue la situation d’incertitude politique.
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Kudzai Chipanga, le leader des jeunes de la Zanu-PF, arrêté
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Kudzai Chipanga, le leader des jeunes de la Zanu-PF a été arrêté à Harare.
Cette arrestation survient un jour après qu'il a déclaré que lui et ses camarades sont prêts à mourrir pour défendre le président Mugabe.
Les jeunes du parti au pouvoir soutiennent la femme du président, Grace Mugabe dont ils veulent faire le dauphin du président.
Des véhicules blindés ont pris le contrôle de points stratégiques de Harare
Crédit photo, Reuters
Légende image, Des blindés de l’armée contrôlent mercredi matin les accès au Parlement, au siège delà Zanu PF, le parti au pouvoir, et aux bureaux où le président Robert Mugabe réunit son gouvernement.
Des blindés de l’armée contrôlent mercredi matin les accès au
Parlement, au siège delà Zanu PF, le parti au pouvoir, et aux bureaux où le président
Robert Mugabe réunit son gouvernement.
Cette nuit, dans un message lu à la télévision
nationale, le général Sibusiso Moyo, a toutefois expliqué que cette opération
n’était pas un coup d’Etat contre le gouvernement et que Robert Mugabe et sa
famille étaient sains et saufs et en sécurité.
Crédit photo, Reuters
Légende image, Des véhicules blindés patrouillent à Hararé
L'armée dément un coup d'Etat
Des officiers de l'armée du Zimbabwe ont annoncé être intervenus dans la nuit de mardi à mercredi pour éliminer des "criminels" proches du président Robert Mugabe mais ont démenti toute tentative de coup d'Etat.
"Nous ne faisons que viser les criminels qui l'entourent", a-t-il poursuivi, "dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale".
"Nous assurons à la Nation que son Excellence le président sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie", a-t-il également ajouté.
Des échanges de tirs nourris ont été entendus dans la nuit de mardi à mercredi près de la résidence privée de Robert Mugabe dans la capitale Harare.
Mardi, un convoi de blindés avait été observé en mouvement près de la capitale, nourrissant les rumeurs d'un coup d'Etat militaire en préparation contre le président, qui règne sans partage sur le pays depuis son indépendance en 1980.
La confusion règne ce mercredi matin autour du sort du chef d'état-major de l'armée.
Crédit photo, Getty Images
Légende image, Dans un message lu dans la nuit à la télévision nationale, le général Sibusiso Moyo a affirmé que l'armée n'avait pas mené de "coup d'Etat contre le gouvernement".