Vous visualisez une version texte de ce site web qui utilise moins de données. Voir la version principale du site, avec toutes les images et vidéos.
Pourquoi le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec la France
- Author, Nicolas Négoce
- Role, Correspondant de la BBC pour l'Afrique
- Author, Neil Murphy
- Published
- Temps de lecture: 3 min
La junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, accusant Paris de mener des actions contraires aux intérêts nationaux burkinabè.
Les relations entre Ouagadougou et son ancien partenaire colonial se sont fortement dégradées depuis l'arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré à la faveur d'un coup d'État en 2022. Depuis, son gouvernement a adopté une ligne politique marquée par un rapprochement avec de nouveaux partenaires et une critique ouverte de l'influence occidentale.
Dans une déclaration télévisée vendredi, le ministre burkinabè de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a accusé la France de faire preuve d'un « activisme incessant » contre le pays et lui a reproché des « ambitions néocoloniales ».
Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé une décision « hostile et infondée », estimant qu'elle témoignait de « la dérive inquiétante » des autorités burkinabè.
La France a également appelé ses ressortissants présents au Burkina Faso à faire preuve d'une « vigilance accrue ».
Le Burkina Faso, à l'instar du Mali voisin, est confronté depuis plus d'une décennie à une insurrection menée par des groupes jihadistes. Pendant plusieurs années, les forces françaises ont participé aux opérations de lutte contre ces groupes dans la région avant leur retrait du pays.
Après son arrivée au pouvoir, le capitaine Traoré a demandé le départ des soldats français stationnés au Burkina Faso, accusant Paris de poursuivre un « agenda caché ». Ouagadougou s'est depuis rapproché de pays comme la Russie et la Chine.
Dans son communiqué annonçant la rupture diplomatique, le gouvernement burkinabè affirme que les conditions d'un « respect mutuel » entre les deux pays ne sont plus réunies. Il accuse notamment la France de soutenir « des réseaux subversifs » et de chercher à marginaliser le Burkina Faso sur la scène internationale.
Les autorités précisent toutefois que cette décision concerne uniquement « le cadre institutionnel des relations » et ne remet pas en cause « les liens historiques, humains, culturels et sociaux » entre les peuples burkinabè et français.
La junte avait promis un retour à l'ordre constitutionnel en 2024, mais cette échéance n'a pas été respectée. En janvier 2025, les autorités ont également annoncé la dissolution des partis politiques.
La même année, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays dirigés par des régimes militaires, ont officiellement quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour créer l'Alliance des États du Sahel.
La France n'a plus d'ambassadeur au Burkina Faso depuis janvier 2023. En 2024, Ouagadougou avait expulsé trois diplomates français, les accusant d'« activités subversives », des accusations rejetées par Paris.
Nous avons utilisé l'IA pour aider à traduire cet article, rédigé à l'origine en anglais. Un journaliste de la BBC a vérifié la traduction avant sa publication. En savoir plus sur la manière dont nous utilisons l'IA.