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En Afrique du Sud, une foule d'une cinquantaine de personnes a battu à mort un étranger
- Author, Ondiro Oganga
- Published
- Temps de lecture: 4 min
Un ressortissant étranger a été battu à mort par une foule d'une cinquantaine de personnes à Durban, en Afrique du Sud, selon la police.
D'après la police, cet homme non identifié, qui aurait entre la fin de la trentaine et le début de la quarantaine, a d'abord été abordé par deux hommes au bord de la route avant d'être agressé par un groupe plus important. Il a été déclaré mort sur les lieux.
La police a ouvert une enquête sur ce meurtre, dont le mobile reste à déterminer.
Ce meurtre fait suite à une vague de manifestations contre les immigrés en Afrique du Sud cette année, dont certaines ont dégénéré en violences. Au début du mois, des magasins et des voitures ont été incendiés à Durban, ainsi qu'à Soweto, près de Johannesburg.
Le porte-parole de la police provinciale, Robert Netshiunda, a déclaré à la BBC qu'il n'était pas possible de spéculer sur le mobile du meurtre commis à Durban et que de plus amples informations seraient communiquées dès qu'elles auraient été vérifiées.
Le gouvernement a exhorté les manifestants à agir pacifiquement, tout en reconnaissant la nécessité de réformes en matière d'immigration. Il affirme que des dizaines de milliers de ressortissants étrangers ont été expulsés ou rapatriés depuis le lancement de sa campagne de répression au début de l'année.
L'un des groupes à l'origine des manifestations, « March and March », avait initialement fixé au 30 juin la date limite à laquelle tous les migrants sans papiers devaient quitter l'Afrique du Sud.
Plusieurs manifestations ont eu lieu avant cette date butoir, et des agressions contre des ressortissants d'autres pays africains ont été signalées.
Ces incidents ont poussé plusieurs pays, dont le Zimbabwe, le Nigeria et le Ghana, à prendre des mesures pour rapatrier leurs ressortissants, par crainte de nouvelles violences.
Le Nigeria a accusé les autorités sud-africaines d'être responsables de la mort de deux de ses ressortissants ce mois-là.
Le Ghana a également confirmé le décès d'un de ses ressortissants, Bashiru Isak, père de trois enfants, abattu au Cap lors de manifestations visant les ressortissants étrangers.
Sa mort a déclenché une crise diplomatique avec l'Afrique du Sud, qui a affirmé que l'ampleur des violences avait été exagérée.
L'une des figures de proue du mouvement « March and March », Jacinta Ngobese-Zuma, a nié être xénophobe.
« Nous ne pouvons pas vivre avec ces gens depuis tant d'années et, maintenant que nous disons que c'en est trop, que ça suffit, on nous accuse d'être xénophobes », a-t-elle déclaré à l'émission « Focus on Africa » de la BBC.
L'Afrique du Sud est confrontée à des attaques xénophobes depuis près de deux décennies. En 2008, plus de 60 personnes ont été tuées et des dizaines de milliers d'autres déplacées lors d'attaques généralisées contre des ressortissants étrangers.
Ces derniers troubles s'inscrivent dans un contexte de pauvreté généralisée, d'inégalités profondes et de chômage touchant environ un tiers de la population active.
Les migrants sont souvent accusés de prendre les emplois des locaux, de contribuer à la criminalité et de peser sur les services publics, bien que les chercheurs affirment que ces affirmations générales ne sont étayées par aucune preuve.
Malgré ses difficultés économiques, l'Afrique du Sud reste l'une des principales destinations du continent pour les migrants en quête d'emploi, de sécurité et de meilleures perspectives d'avenir.
Reportage complémentaire de Pumza Fihlani à Johannesburg